Patachon et Patapouf étaient deux bons amis. Un jour, Patapouf vint trouver Patachon. Il en avait gros
sur la patate car la plante de la famille des convolvulacées, que lui avait offerte son voisin, dépérissait à vue d'œil. Jamais, il ne pourrait faire la récolte de
ses patates douces !
Ils allèrent sonner chez Patas, le sage du village mais le singe pleureur se perdit en des patati patata larmoyants, n'aidant en
rien nos deux compères qui reprirent la route, silencieusement. Chemin faisant, ils rencontrèrent Monsieur le Maire, un vieillard pataud mais de bon conseil. Patachon s'amusa à lui décrire,
joyeusement, l'état du végétal moribond, tandis que Patapouf, très ému et maladroit, comme à l'accoutumée, ne trouvait pas ses mots pour exprimer sa peine à assister, impuissant, à l'agonie de sa
plante bien-aimée. De ses doigts boudinés, le maire remonta ses lunettes sur son nez. Il prit une large inspiration et regarda tour à tour Patachon et Patapouf, quand tout à coup, patatras, une
énorme branche se détacha de l'arbre le plus proche et vint frapper le vieillard à la tête avant même qu'il ne put prononcer une parole. Il gisait inerte sur le chemin, les cheveux en désordre,
devant l'air ébahi de Patachon et Patapouf qui ne surent jamais comment sauver la plante de la famille des convolvulacées offerte par le voisin.
L'histoire ne dit pas
si elle survécut.
Ils nous arrivent de passer par là, de
traverser ce petit village des songes, au pays de l'imaginaire. Si vous y allez à votre tour, faites le détour par la maison de Patapouf, vous y sentirez, peut-être, l'odeur douce des patates
cuites au feu de bois...
« Le merveilleux doit arriver à être aussi simple que le serait, pour un enfant qui aurait
vu fondre du sucre dans l'eau, la surprise de ne pas fondre dans son bain. » (Cocteau)
Les filles de l’atelier d’écriture de l’hôpital au domicile qui viennent de gagner, avec ce billet, le concours organisé par un journal local (seul le titre du billet a été changé)