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Samedi 24 octobre 2009

Le pissenlit : aux propriétés diurétiques :
Laitue de chien, groin d'âne, salade de taupe... Ces petits noms montrent le peu d'estime longtemps éprouvé pour la plante. Elle n'entre au potager qu'à la fin du XIXème siècle. Parmi ses vertus, son pouvoir diurétique en décoction. C'est même de là que la plante tire son nom.
La Roquette : une salade qui poussait dans la rue du même nom :
La rue de la Roquette, près de la place de la Bastille, à Paris, doit son nom à cette plante à fleurs jaunes ou blanches, la roquette (eruca sativa). Autrefois, elle y poussait en grand nombre. Même au milieu des pierres du couvent des hospitalières de la Roquette, dans l'ancien hôtel particulier de... Roquet de la Tribouille ! Mais la similitude entre les deux noms n'est que pure coïncidence !
La Roquette : un très vieil aphrodisiaque :
Originaire du bassin méditerranéen, sa saveur poivrée fait des miracles en cuisine. Roquette est un emprunt, au XVIème siècle, à l’italien rochetta, diminutif de ruca, qui signifie chenille : on l’a baptisée ainsi car sa tige velue évoque la larve d’un papillon ! Nos ancêtres lui trouvaient des vertus aphrodisiaques. Au Moyen Age, il était même interdit de la cultiver dans les monastères…
Le mesclun :
Le mot vient du provençal mescla (mélanger). C'est en effet dans la région de Nice qu'est né le mesclun, savoureux mélange de jeunes pousses. Selon la légende, les moines de Cimiez, un quartier de Nice, n'avaient pas assez de laitues dans leur potager pour ceux qui leur demandaient l'aumône. Au gré de leur cueillette, ils ramassaient de jeunes feuilles et composaient leur mesclun.
La laitue : endort comme le lait chaud :
Il existe une centaine d'espèces de laitues. Le mot vient du latin lactis (lait).A l'état sauvage, la laitue poussait sur de longues tiges qui, entaillées, laissait couler un suc blanchâtre aux propriétés soporifiques, comme le lait chaut Au Moyen Age, on l'utilisait même pour endormir les patients avant une opération. Les Romain: ont créé une laitue sans tiges et à grandes feuilles : la romaine.
Le cresson : antique et magique :
Le nom latin du cresson de fontaine, Nosturtium officinale (de nasus tortus, nez tordu), évoque sa saveur poivrée se cultive dans des bassins alimentés en eau de source appelés cressonnière. Le nom du cresson viendrait d’un verbe germanique signifiant grimper. Dans l’Antiquité, on attribuait à la plante des pouvoirs magiques. On l’appelait aussi passerage car il était censé faire passer la rage.
L’endive : née à Bruxelles :
Witloof, la variété de chicorée dont est issue l’endive, veut dire feuilles blanches en flamand. Car l’endive est née en Belgique. A la fin du XIXème siècle, un employé du jardin botanique de Bruxelles couvre fortuitement de terre ses chicorées. Résultat : des bourgeons denses et blancs. On les appelle endives, d’après le nom latin d’une chicorée sauvage.
Le pourpier : en forme de patte de poulet :
Peu calorique, riche en oméga 3, en vitamines, en minéraux, en fer... cette petite plante robuste a plus d'un atout dans ses feuilles épaisses et charnues. Au XVIIIème siècle, le pourpier était censé soigner les migraines et faire baisser la fièvre... Son nom fait référence à sa forme: il vient de poulpié, du latin pulli pes (pied de poulet). On le consomme depuis plus de 2000 ans. Idéal dans un mesclun, il parfume soupes, omelettes, sauces et peut se consommer cuit.
La mâche : aussi douce que le sucre :
Doucette, pommette, herbe douce, laitue d'agneau... la mâche est affublée de mille et un petits noms qui évoquent tous sa douceur sucrée. Le mot, qui date du XVIIème siècle, vient d'ailleurs de pomâche, du latin pomum (fruit). Elle aurait, selon certains, des vertus relaxantes, comme sa cousine la valériane. Originaire du bassin méditerranéen, elle a rapidement conquis toute l'Europe. En Amérique, elle est parfois considérée comme une mauvaise herbe.
La chicorée : et sa grande famille :
Dans l’Antiquité, on consommait ses feuilles et sa racine, cette dernière étant torréfiée, depuis le XVIIIème siècle, pour préparer une boisson comparable au café. Le mot est issu du grec kukhorion (chicorée). La plante regroupe diverses variété : scarole (du latin escariola, mangeable), frisée, barbe-de-capucin, trévise (du nom de la ville où elle aurait été sélectionnée)… Parmi ses surnoms : pain de sucre, bouclée, ronde verte à cœur plein…
Et quelques expressions saugrenues :
N’avoir plus de cresson sur le caillou 
: être chauve
Raconter des salades : raconter des mensonges
Etre bon comme la romaine : être très bienveillant ou être fatalement destiné à se confronter à un inconvénient
Ne pas se manger en salade : ne comporter aucun avantage matériel
Vendre sa salade : chercher à convaincre quelqu’un

Alix qui vient de vous raconter quelques salades

Par Bernie - Publié dans : Aliments-Terroir-Fruits et légumes
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