Aujourd’hui, nous vous proposons une balade dans la région chez nos amis Picards où vivent Michel et
Nicole sur une terre riche et fertile, baignée par une douce lumière et la mer du Nord proche de la Côte d’Opale.
Un galet, un caillou précieux est la fierté de la région :
Le galet a fait la renommée de Cayeux-sur-mer (cayeux signifie caillou en picard). Depuis 1840,
le galet est utilisé industriellement, mais son ramassage est effectué depuis plus longtemps encore. Arraché aux falaises du pays de Caux, le minéral est brassé par la houle, les vagues et
devient galet en abordant l’embouchure de la Somme. La grande pureté et l’extrême dureté du galet de Cayeux, dû a sa très haute teneur en silice, le rend précieux pour de nombreuses applications
industrielles : agent de broyage pour les cosmétiques et les céramiques, production de bétons architectoniques, composition de colles, d’enduits, d’encres. Il est exporté en Europe et
jusqu’en Asie du Sud-Est !
Deux mille ans de culture ont façonné son paysage :
Les jardins flottants d’Amiens tirent leur nom du latin hortus (jardin). Les soldats romains
nommèrent hortulani leurs jardiniers, aujourd’hui appelés hortillons. Irrigués par la Somme et l’Avre, les hortillonnages forment une gigantesque mosaïque de 300 hectares. La création de ces
jardins maraîchers ont nécessité un travail colossal. Pour aménager une zone sur laquelle la rivière s’élargissait sur des kilomètres en raison de la faible déclivité du terrain, il a fallu
drainer les bras d’eau, creuser des canaux, entretenir les berges facilement inondables en surélevant le niveau des aires, les parcelles cultivables. Jusqu’au XIXème siècle, les hortillonnages
approvisionnaient toute la ville d’Amiens et ses environs en fruits et légumes. Les maraîchers se déplaçaient sur les canaux, les rieux, en barque en fond
plat.
Le petit
théâtre des cabotans est sa tradition :
Les marionnettes à
tringles et à fils d’Amiens apparaissent au XVIIème siècle sur les foires de la région. Le mot picard cabotan signifie à l’origine homme de très petite taille. Les marionnettes, taillées dans un
morceau de bois, sont en effet hautes de 50 centimètres. Elles forment toute une famille. Au centre de toutes les intrigues, le personnage de Lafleur, sorte de valet de comédie. Il incarne le bon
sens populaire, l’esprit picard. Autour de lui gravitent son épouse Sandrine, son ami T’chot Blaise et d’autres figures hautes en couleur. Reprenant le flambeau des compagnies du XIXème siècle,
celle des « Ché cabotans », créée en 1933, transmet le répertoire oral de l’art des marionnettes.
Un verger sur la place de la cathédrale,
c’est la fête du marché aux fruits rouges de Noyon :
Fruits,
confitures, sirops, pâtes de fruits… Chaque premier dimanche de juillet, c’est l’événement à Noyon. Le nom latin de la ville, Noviomagus (nouveau marché), est d’ailleurs dû aux célèbres foires
qui s’y déroulaient. Dès le Xème siècle, le cerisier est implanté dans cette région connue pour la douceur de son climat. Fraises, cassis, groseilles sont cultivés à leur tour. Les vergers
deviennent l’une des principales richesses de la ville. Au XIXème siècle, leurs fruits alimentent la région parisienne, le Nord et sont exportés vers l’Angleterre. Mais la Première Guerre
mondiale ravage les terrains et brise cette économie florissante. La groseille et la framboise font leur réapparition dans les années 1960 et relancent
l’activité.
Quelques
expressions typiques :
Faire briquet : c’est casser la croûte. Le briquet, c’est le repas que le mineur emportait dans la mine
Tyo : désigne à la fois le petit, l’enfant, l’ami. Le mot précède le prénom et vient une marque d’affection comme dans tyo Mile pour
Emile.
Pour votre
gourmandise ses petits plats :
Tarte à l’bradé :
Le badré désigne la crème aux œufs qui garnit
la tarte sucrée picarde à laquelle on ajoute parfois des pruneaux. Pour l’une des variantes du dessert, le flan est si épais qu’il est baptisé tarte papin, le mot papin désignant une bouillie
épaisse et aussi…la colle à papier peint ! Ça tient au ventre !
Bisteu : Lard, pommes de terres, oignons, beurre et crème forment la farce de cette tourte de pâte brisée croustillante sur le dessus et
moelleuse à l’intérieur. Née dans les cuisines paysannes à la fin du XIXème siècle, elle se prépare de mille et une manières. A St Valery sur Somme, par exemple, on remplace le lard par des
moules.
Ficelle : Une seule règle pour préparer ces crêpes salées : qu’elles soient fines ! Pour mériter leur nom, les ficelles, garnies d’une
farce à base de jambon cuit et de champignon, doivent être roulées soigneusement. Elles sont gratinées au four et servies très chaudes. Le fromage doit filer entre les dents !
Seriez-vous : Boufeu ! Goinfre !
Cécile et Bernie chez les Picards